Des centaines de manifestants ont organisé
samedi à Istanbul des funérailles symboliques en hommage aux 49 victimes de
l’attaque contre deux mosquées la veille à Chritschurch en Nouvelle-Zélande.
Environ 500 personnes, appartenant principalement à des groupes
nationalistes et islamiques, se sont rassemblées devant la basilique
Sainte-Sophie, où ils ont déployé des banderoles avec les inscriptions
« Musulmans, unissez-vous! » et « Musulmans, gardez la tête haute! ». Ils ont
ensuite célébré une brève cérémonie de prières en hommage aux victimes.
L’extrémiste de droite accusé d’être l’auteur des attaques, inculpé samedi
de meurtre, a publié avant l’attaque sur les réseaux sociaux un manifeste dans
lequel il déclare notamment que la basilique Sainte-Sophie d’Istanbul,
transformée en mosquée par les Ottomans après la prise de Constantinople en
1453 puis devenue un musée, sera « libérée » de ses minarets.
La police a renforcé la sécurité autour de Sainte-Sophie, encadrant les
manifestants avec des dizaines d’hommes, certains à cheval et d’autres portant
des boucliers anti-émeute.
« Tout le monde est conscient de la montée de l’islamophobie dans le monde
entier. Des assaillants trouvent le courage de lancer de telles attaques à
cause de la timidité des musulmans », a jugé Farouk Hanedar, l’un des
manifestants. « Nous sommes ici pour montrer que les musulmans sont capables de
leur répondre avec une attitude intelligente ».
Outre cette manifestation, vendredi soir, avant un match de football entre
Fenerbahce et Sivasspor, les joueurs ont observé une minute de silence.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé vendredi que l’attentat de
Christchurch était « un nouvel exemple de la hausse du racisme et de
l’islamophobie », appelant les pays occidentaux à prendre des mesures
« urgentes » pour éviter d’autres « catastrophes ».
« Avec cet attentat, l’hostilité envers l’islam (…) a franchi les limites
du harcèlement individuel pour atteindre le niveau d’une tuerie de masse »,
a-t-il ajouté.
Istanbul, 16 mars 2019 (AFP) –